Nous avons passé une journée sur le beau circuit de Spa-Francorchamps, à la recherche de la passion automobile lors des 6H de Spa Classic. Vous embarquez avec nous !

Les 6H de Spa Classic sonnent chaque année comme le dernier événement automobile qu’il ne faut pas manquer à la fin de la saison, alors que tout le monde s’est déjà replongé dans la routine du travail. C’est en quelque sorte le bouquet final d’une saison de courses toujours bien remplie, un week-end que l’on prend le temps d’apprécier, car on sait que les mois hivernaux vont être longs, trèèès longs !

Alors imaginez un peu, mettez vous dans l’ambiance : un des plus beaux circuits du monde, des autos sans filtre qui vous hérissent le poil et vous arrachent les tympans, un public de connaisseurs et d’acharnés, et… des anglais… des anglais partout ! C’est toujours bon signe lorsque nos amis anglais débarquent en masse sur un circuit. On sait alors ce qui nous attends : de la passion, sans limites, de 6h du matin à minuit, un sens du partage et une ambiance toujours géniale, mais aussi des autos incroyables. Ford GT40, Lola T70, Chevron B7, AC Cobra, Jaguar Type E, Ferrari 250 SWB… Ah, oui, et des Formule 1 aussi. Non, pas des V6 Turbo, on parle de vraies Formule 1 ici : des Williams, des Tyrrel, des Brabham, des Arrows, des Lotus… Des machines de rêve ayant couru entre les années 70 et 80, qui font vibrer chaque année les Ardennes Belges dans le cadre du FIA Masters Historic Formula One Championship.

Le cadre est posé ? Alors allons y ! Tristement, nous n’arrivons en terre sainte que le dimanche matin, dernier jour de l’événement. Les plus beaux moments du week-end sont déjà passés puisque la course de six heures avait lieu la veille, de 16h à 22h. Non, nous ne cacherons pas notre petite frustration de manquer cette course alignant plus de 100 autos de légende dans des conditions toujours atypiques. Mais faisons nous à l’idée que la course est terminée, et profitons tout de même de cette journée du dimanche. La première chose qui frappe en arrivant dans les paddocks, c’est cette ambiance oldschool qui règne. Les autos ayant couru jusque tard dans la nuit sont là, avec les stigmates qui vont avec : bosses, griffures, traces de peintures, de pneus, terre, huile, herbe… D’un côté, on ne peut s’empêcher de prendre pitié pour la carrosserie, mais la satisfaction de se rendre compte que de telles autos donnent toujours autant sur circuit prend vite le dessus. Certaines valent plusieurs millions d’euros, et elles sont pourtant là, engagées au milieu d’un peloton de furieux. Et c’est ça la beauté du sport automobile : des autos qui courent, peu importe leur côte ou leur historique. Encore une fois, les anglais y sont pour beaucoup, et on peut chaleureusement les remercier ! Voici donc quelques images de cette ambiance des paddocks, qui vous replonge 40 ans en arrière, et vous donne un sourire disproportionné :

La journée continue, et un beau plateau entre en pré-grille : celui du FIA Masters Historic Sports Car Championship. Le plateau est très varié : Lola T70, Ford GT40, Porsche 911 3.0 RSR…. que demande le peule, sérieusement ? C’est l’occasion rêvée de se glisser sur la grille de départ, seulement quelques minutes avant le départ de la course. Rarement l’ambiance a été aussi prenante. Regards figés à travers la visière, moteurs vrombissants et prêts à en découdre… la tension est palpable. Les bolides arrivent uns par uns sur la grille pour se ranger sur leur emplacement… Seuls les mécaniciens et quelques photographes sont autorisés à parcourir cette grille de départ, tandis que la foule s’est déjà accumulée en tribunes et sur la terrasse des paddocks. Impossible de retenir un grand frisson dans le dos et les larmes aux yeux lorsque la direction affiche le panneau « start your engine », et que tous les moteurs démarrent à l’unisson. On nous demande alors de rejoindre les boxs, tandis que les autos partent en trombe direction le virage de la Source. Parfois on me demande ce qui me fait tant aimer l’automobile… je crois que ce genre de moments reflète parfaitement la réponse que je pourrais donner.

Enfin, quoi de mieux pour terminer la journée qu’un grand tour à pied le long de ce circuit mythique ? Et si on y ajoutait un plateau de Formule 1 historiques, ce serait bien non ? Positionné aux Combes, le bruit des V8 retenti déjà à travers les sapins, tandis qu’aucune voiture ne se présente à l’horizon. Frisson numéro 1. Puis voilà la meute en plein tour de formation qui arrive au bout de la ligne droite. J’ai déjà eu l’occasion de voir évoluer ce plateau au Nürburgring lors de l’AvD Old Timer, et ce gracieux mélange entre livrées historiques, tailles de pneus atypiques, et sonorités magnifiques ne peut vous laisser de marbre. Frisson numéro 2. Quelques minutes plus tard, revoilà nos amis en pleine charge à plus de 250 km/h, avec un duel acharné pour la première place entre la Williams FW07C et la Tyrrel 010… Que dire de plus, c’est juste magnifique ! (notez la présence d’une Maserati 250F et d’une Ferrari 246S dans une des photos prise pendant le plateau précédent).

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et il faut se rendre à l’évidence : l’heure de rentrer en France est arrivée. Nous ne pouvons que vous encourager à vous rendre sur cet événement l’année prochaine : trois jours de partage et de passion où vous aurez accès à tout, où vous pourrez voir de près les autos qui vous ont fait rêver il y a quelques années, et surtout, trois jours loin du bling bling du sport automobile tel qu’on le fait aujourd’hui. Les 6h de Spa Classic, c’est le retour à l’essence même de la passion automobile, alors soyez bien convaincus que vous nous y croiserez encore l’année prochaine !

Récit et Photos : Nicolas Verneret pour Speedguerilla.

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Nicolas Verneret

Nicolas Verneret

Photographe amoureux de sport automobile et Porschiste de religion.
Rêve de vivre dans une cabane au Nürburgring.